Pourquoi ne pas vouloir d’enfant ? Les déterminants sociaux de l’infécondité volontaire, entre le souci de soi et de la planète.
(Document en Français)
- Thèse soumise à l'embargo de l'auteur : embargo illimité (accès réservé aux membres de l'enseignement supérieur français) Ce document est protégé en vertu du Code de la Propriété Intellectuelle.
- Auteur
- Bania Mélanie
- Date de soutenance
- 09-12-2024
- Directeur(s) de thèse
- Dorin Stéphane
- Président du jury
- Panico Lidia
- Rapporteurs
- De la rochebrochard Elise - Toulemon Laurent
- Membres du jury
- Martial Agnès - Coulangeon Philippe
- Laboratoire
- GRESCO - Groupe de REcherches Sociologiques sur les sociétés COntemporaines - UR 15075
- Ecole doctorale
- École doctorale Littératures, Sciences de l’Homme et de la Société (Limoges ; 2022-)
- Etablissement de soutenance
- Limoges
- Discipline
- Sociologie, démographie
- Classification
- Sciences sociales, sociologie, anthropologie
- Mots-clés libres
- Infécondité volontaire, Comportements reproductifs, Familles, Parentalités, Conjugalités, Écologie
- Mots-clés
- Personnes sans enfant,
- Famille,
- Couples,
- Écologie,
- Désir d'enfant
Cette thèse a pour objectif d’appréhender l’idée que des facteurs exogènes à la famille peuvent influencer les comportements reproductifs et plus spécifiquement l’infécondité volontaire. En s’appuyant sur une revue de la littérature nationale et internationale, une étude secondaire des données de l’enquête Fecond 2011/2012, des entretiens biographiques et une analyse lexicométrique, il apparait que le choix de ne pas avoir d’enfants est motivé par des préoccupations écologiques, sociales et économiques, ainsi que par une réflexion éthique sur les implications de la natalité dans un monde en crise climatique.Bien que souvent perçue comme un phénomène individuel en raison de discours plus « traditionnels » sur ce choix de rester volontairement sans enfant (refus des activités et responsabilités parentales, conservation d’un temps pour soi et à soi, égoïsme, hédonisme ou encore féminisme), l’infécondité volontaire est le reflet de considérations environnementales, sociales et économiques.Dans un contexte de sensibilisation accrue aux crises écologiques telles que le dérèglement climatique, la perte de biodiversité ou l’épuisement des ressources naturelles, les childfree considèrent que chaque nouvelle naissance exacerbe les problèmes environnementaux existants. Les discours antinatalistes et de surpopulation – qui soutiennent que procréer dans un monde en péril est moralement discutable – progressent parmi les childfree. Pour ces femmes et ces hommes, renoncer à avoir des enfants est un acte responsable et une contribution à un avenir plus durable.Néanmoins, ces individus qui font le choix de rester sans enfant sont confrontés à des pressions sociales et familiales, et à des stigmatisations en raison de la norme du faire famille encore dominante en France. De surcroît, si ce phénomène est de plus en plus mis à l’agenda médiatique et scientifique, les représentations qui en sont offertes demeurent polarisées. Tantôt, on observe une mise en avant de témoignages de personnes ayant choisi de rester sans enfant comme un exemple de courage et de décision morale, tantôt, on observe des critiques qui accusent ces femmes et ces hommes de manquer de solidarité avec les générations futures ou d’adopter une approche trop radicale face à la crise écologique.L’infécondité volontaire pour des raisons écologiques, sociales et économiques représente un choix de vie de plus en plus affirmé et motivé par des inquiétudes profondes et sincères pour l’environnement et la société. Ce phénomène reflète un changement des valeurs et des priorités en termes de comportements reproductifs que les recherches futures ne pourront nier.
- Type de contenu
- Text
- Format
Pour citer cette thèse
Bania Mélanie, Pourquoi ne pas vouloir d’enfant ? Les déterminants sociaux de l’infécondité volontaire, entre le souci de soi et de la planète., thèse de doctorat, Limoges, Université de Limoges, 2024. Disponible sur https://aurore.unilim.fr/ori-oai-search/notice/view/2024LIMO0089